RETOURS D'USAGES

Les tablettes numériques, le futur cartable numérique ?

Les Académies de Créteil et de Grenoble ainsi que le Département de la Corrèze, qui expérimentent déjà ces technologies, sont là pour témoigner.

Assumant son rôle de modérateur, Gilles Braun, dresse un tableau de la situation concernant les tablettes numériques dans les écoles, soulignant que quelques intervenants sont absents, dans l’attente de l’annonce de projets dans leur milieu.

Premier à prendre la parole, Claudio Cimelli, de l’Académie de Créteil, expose les pratiques et les expérimentations qui ont cours sur son territoire.

Dans un collège, d’abord, on a doté chaque enseignant d’un appareil nomade, afin qu’ils s’habituent à l’outil et à ses logiciels. En 2012, tous les élèves seront munis des mêmes appareils.
Pour Claudio Cimelli, « il importe que l’on dispose d’outils quantifiables (temps d’utilisation, diversité des activités pédagogiques, etc.)« .

Il constate, avec les tablettes, une augmentation du nombre d’activités proposées aux élèves. Il observe aussi une plus grande motivation chez les élèves, parlant même de plaisir du coté élève.

De plus, l’interface tactile n’a pas causé problème. Les tablettes s’avèrent plus maniables et ne semblent pas faire barrière entre l’enseignant et les élèves.

Les limites
Parmi les limites de l’outil, il note les problèmes de compatibilité de formats en passant à des appareils Apple. Par ailleurs, on n’a pas résolu tous les défis de catalogage et de mutualisation de l’information pour faciliter le partage et la recherche de ressources pour les enseignants. Claudio Cimelli évoque les questions relatives à la santé, notamment par rapport au wi-fi, et auxquelles il faut rester attentif.

Prenant la relève, Didier Anselm, de l’Académie de Grenoble, présente le projet d’expérimentation d’iPads dans les établissements.

Ils se sont tournés vers  l’iPad, intéressés par le coté novateur de l’appareil et séduits par sa simplicité d’utilisation. On voyait alors dans la tablette le chaînon manquant entre l’activité scolaire et un outil numérique plus naturel.

L’intérêt de l’expérimentation porte essentiellement sur les usages, au-delà de l’instrument.

La tablette semblait intéressante pour les élèves inscrits à des programmes sport-étude, élèves très mobiles. L’intervenant remarque sa satisfaction dans l’analyse que l’on fait du travail des élèves, très rapidement, souvent même immédiatement,  en projetant le travail des élèves au TBI, dans le contexte de la classe.

Stéphane Carasco et Philippe Mittet, de l’académie de Bordeaux, rejoignent les deux premiers intervenants quant au déploiement des tablettes.

Le principal intérêt de leur expérimentation porte sur la lecture numérique. À cette fin, on a créé un serveur de 200 livres numériques, lesquels sont offerts sur les tablettes, en l’occurrence des iPads et des Archos.

Sur le plan de l’organisation des appareils, on a constitué des mallettes comprenant chacune 6 tablettes et une borne. On a pris soin de former les inspecteurs en amont de l’expérimentation et de solliciter leur participation quant au choix des livres.

On note un net avantage dans l’utilisation des tablettes quand elle s’accompagne d’une réflexion pédagogique. Parmi les autres points forts, retenons la fiabilité de la solution et l’intégration à un projet pédagogique.

Philippe Mittet maintient, malgré les critiques à l’endroit des ENT, sa conviction de leur nécessité pour assurer la convergence de l’activité scolaire des élèves et des enseignants.

Laurent Charon présente un projet de classes ultra-mobiles dans le Rhône.

L’expérimentation s’est d’abord faite avec des notebooks, rangés dans un meuble mobile, que l’on distribuait aux élèves dans la classe.

Une vidéo illustre l’utilisation des notebooks dans la classe, dans une approche instructiviste, commandée par l’enseignant.

Dans une autre phase d’expérimentation, on s’est tourné vers l’iPad. Certains élèves ont manifesté une préférence pour la souris. Considérant la nouveauté des tablettes, tant à l’école que dans le grand public, on se retrouve dans une situation où l’on dispose de peu d’antécédents de pratique et qu’on découvre les possibilités de l’instrument à l’usage.

On manifeste certaines craintes relativement à la fragilité de l’instrument et l’univers fermé d’Apple.

Christophe Monnet, d’Érasme, également du département du Rhône, décrit une expérience dont la question initiale est “Et si un coin de table devenait un lieu de connaissances et de partage”.

On a eu recours au dispositif Kaleidoscope, un dispositif inédit et très novateur, soit une table interactive qui reçoit quatre tablettes et qui sert d’espace de jeu éducatif ou de travail collaboratif (ou compétitif selon l’activité) pour résoudre une question ou un problème quelconque. Le dispositif est né du travail d’un développeur, d’un designer et d’un artiste.

Pascal Bringer, de la société Maskott, fait une brève présentation, considérant que le sujet a déjà été présenté lors d’un barcamp, d’applications développées pour tablette Samsung à partir de ressources libres.

Il rappelle que la conception des logiciels s’est faite en collaboration avec les enseignants et que l’on a beaucoup misé sur la simplicité d’utilisation des logiciels afin de minimiser le temps d’appropriation par les enseignants et les élèves.

Pour terminer le tour de table, Pierre Mathieu, directeur du CDDP de Corrèze, présente un déploiement de tablettes iPad dans les écoles de son territoire.

L’approche mise sur un déploiement et une analyse dans l’action, accompagnés d’une formation sur les usages de l’outil.

Petit à petit, et progressivement, on gomme les difficultés au fur et à mesure qu’elles émergent. Comme pour l’Académie de Grenoble, la primauté de tout ce déploiement demeure les usages, au-delà des outils.

On compte sur un compte iTunesU pour cataloguer et distribuer les ressources. L’opération compte sur l’observation et l’analyse des usages pour raffiner les pratiques, tant pédagogiques qu’administratives.

On considére la simplicité et la convivialité des appareils comme une caractéristique essentielle à l’intégration des usages numériques dans un cadre d’apprentissage.

En guise d’exemple, la rapidité d’activation du travail sur les outils numériques n’est pas négligeable, considérant qu’on est déjà au travail sur un iPad après tout au plus une minute, alors qu’on peut prendre jusqu’à six minutes pour brancher et lancer un ordinateur portable.

La table ronde se termine sur ce dernier témoignage, sans trop de questions ou interactions avec le public, ces dernières ayant ponctué la table ronde après chaque présentation.

Synthèse réalisée par François Guité et Jean-Marie Gilliot

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