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Comment les futurs enseignants se représentent les TICE?

Cette recherche porte sur l’analyse de contenus de forums de discussions qui traitent des TIC. Les étudiants, qui accomplissent leur cursus à distance, échangent sur ces forums dans une perspective de préparation aux métiers de l’enseignement. Le chercheur a donc isolé un corpus de fils de messages portant spécifiquement sur l’utilisation des technologies en éducation.

Jacques Béziat nous confie que leurs représentations des TICE est souvent erronée, stéréotypée, du fait du discours quotidien largement colporté par les médias, ou les entreprises faisant la promotion de leurs produits.
D’un côté, certains ont une représentation assez naïve, «enchantée», qui leur laisse croire qu’avec les TICE, l’enseignement est plus facile. D’un autre côté, d’autres ont une représentation plus catastrophique de l’utilisation des TIC, qui signifierait qu’il ne faut surtout pas les utiliser avec les enfants.

«Il faut arrêter de penser que tout commence maintenant et aujourd’hui avec une technologie qu’on a l’impression de découvrir (…) ; l’histoire de l’intégration technologique dans la classe est ancienne».

Cette recherche a une finalité précise. A partir des représentations que les futurs enseignants se font des technologies, il s’agit de les aider à en problématiser les usages afin qu’ils n’en aient plus l’image de : «les TICE, c’est simple» ou «les TICE, c’est dangereux». Jacques Béziat ajoute, «les TICE, ce n’est ni simple, ni dangereux (…) Le défi pour l’enseignant est d’intégrer un objet complexe dans des pratiques complexes».

L’enseignant reste le «capitaine à bord», c’est par lui que passe la réussite de l’intégration des TICE ; il est donc nécessaire de prendre le temps suffisant pour que l’enseignant parvienne petit à petit à mettre un peu de TIC dans sa pédagogie.

D’après Jacques Béziat, les certifications (B2i pour les élèves et C2i2e pour les enseignants) constituent une réponse trop simpliste à l’intégration des TICE ; pour le chercheur, ce n’est qu’une manière quantitative utopique et «utilitariste» de faire croire aux enseignants qu’ils sont prêts à utiliser les TIC dans leur classe. En outre, il reste persuadé qu’il faut réussir à intégrer un sentiment de culture professionnelle autour de ces questions, «une culture professionnelle avec le numérique en choix».

Plus d’infos sur Jacques Béziat : www.flsh.unilim.fr/recherche
plus d’infos sur cette recherche :http://www.ecedu.upatras.gr/didapro/programma.htm

Interview réalisé par Françoix Villemonteix, Maître de Conférences à l’Université de Cergy-Pontoise lors de Didapro 4, tous les articles sur www.ludovia.com

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