ACTION PUBLIQUE

 » 100 % de réussite en CP », le projet de Jean-Michel BLANQUER

Pour son premier déplacement sur le terrain, Jean Michel BLANQUER a choisi une école de l’académie d’Amiens , l’école Albert Camus de Creil dans l’Oise, et plus particulièrement les cours préparatoires de cet établissement classé en REP+ pour lancer l’opération « 100% de réussite en CP »

Tous les spécialistes de l’éducation le savent, une rentrée scolaire se construit durant toute l’année qui la précède . La rentrée 2017 ayant été préparée par son prédécesseur, le nouveau ministre de l’éducation nationale s’est donné pour objectif de mettre d’ores et déjà en place quelques orientations de la politique qu’il entend mener rue de Grenelle sans pour autant donner le sentiment d’interrompre sans évaluation les projets en cours. La méthode a un nom , le pragmatisme .

Pourquoi cette école?

Cette école de 306 élèves, qui accueille 69 enfants dans 3 CP, fait partie du dispositif « plus de maîtres que de classes » depuis 2013 et dispose pour cela d’un poste surnuméraire de professeur.

« J’ai souhaité venir dans cette école parce qu’elle est connue pour avoir des enseignants qui ont une grande expérience et des résultats très intéressants » . Ils  » font ici un magnifique travail  » affirme le ministre qui s’est entretenu avec eux, les a interrogés et écoutés « pour savoir comment ils arrivent à ces résultats ».

Pourquoi le cours préparatoire ?

Parce que le cours préparatoire est une classe essentielle, affirme le ministre : «c’est le moment où on va entrer dans la lecture, l’écriture, le calcul et donc où on prend un bon départ dans la vie sur le plan des connaissances.

Et nous savons, ajoute-t-il, parce que nous faisons des comparaisons internationales, parce que nous avons l’expérience sur le sujet , que si on concentre de l’énergie en cours préparatoire, on résout beaucoup de problèmes à la racine.

Parce que plus j’ai de vocabulaire, plus je comprends de choses dans toutes les disciplines, plus ma grammaire est bonne plus je vais avoir une orthographe correcte, et de façon générale mieux je maîtrise le français mieux je vais m’épanouir, plus j’ai de vocabulaire moins je serai violent, plus je serai en situation de sociabilité.

C’est la capacité de lire, écrire, compter et respecter autrui qui se joue derrière le cours préparatoire et derrière cela l’ensemble des connaissances. »

La priorité aux premiers âges

Jean Michel BLANQUER est souvent intervenu ces derniers mois sur la priorité qu’il accorde à l’école des premiers âges.

C’est ainsi que lors des journées d’étude organisées en octobre 2016 par le Collège des Bernardins, faisant référence aux découvertes portées par la révolution des Sciençes Cognitives selon lesquelles « même l’enfant avant de naître, avait des compétences considérables  » il affirmait :

«Ce potentiel humain est donc quelque chose de formidable, mais bien entendu le corollaire inquiétant est que beaucoup de choses se jouent tout de suite et que bien des inégalités que nous pointons se jouent, que cela nous plaise ou non, avant six ou sept ans. Donc, une grande partie de l’action que nous voulons avoir, si nous voulons être efficaces, doit se passer à ce moment là. Bien sûr, il faut faire aussi beaucoup de choses après, mais il est clairement démontré qu’il faudra beaucoup plus déployer de moyens et de forces ultérieurement.»

L’opération « 100% de réussite en CP » consiste en la traduction de la partie « Education » du programme présidentiel d’Emmanuel MACRON qui « veut donner la priorité au premier degré et à l’acquisition des fondamentaux en maternelle et à l’élémentaire en particulier en divisant par deux les effectifs des classes de CP et de CE1 en REP et REP+ « .

Une rentrée de transition

« Dès cette rentrée 2017 ce seront donc quelques 2300 classes de CP qui seront, dans toute la France, en majorité concernées par le format de 12 élèves par classe« , précise le ministre qui souhaite adapter « pour la rentrée prochaine ce qui est possible physiquement et humainement. »

Ce sera en particulier le cas lorsque les locaux nécessaires au dédoublement ne sont pas encore disponibles.

« Mais dans tous les cas nous concentrerons nos efforts pour réussir cet encadrement particulier en cours préparatoire« .
Ainsi, Jean Michel BLANQUER n’a pas l’intention de  » casser » le dispositif  « plus de maîtres que de classes »  mais plutôt de s’appuyer sur lui  « autant qu’il est efficace et diviser les classes par deux autant que c’est efficace. »

Ce pragmatisme mis à l’épreuve d’une rentrée de transition doit permettre d’affirmer des priorités en s’adaptant aux réalités du terrain « qui passe par le dédoublement dans certains cas mais qui de façon générale passe par un dynamisme pédagogique, des méthodes, des façons de faire qui vont permettre de s’assurer que les enfants partent bien dans la vie à la sortie du cours préparatoire. »

Ce pragmatisme sera certainement mis en œuvre tout au long du primaire comme au collège. Le ministre voudra certainement alors s’appuyer sur le « dynamisme pédagogique » à l’œuvre dans les  collectifs d’enseignants qui innovent en utilisant toutes les  potentialités du numérique, pour faire mieux réussir tous les élèves et particulièrement ceux qui rencontrent les plus grandes difficultés à l’école.
Reste que de nouveaux chantiers vont s’ouvrir à l’éducation nationale en particulier celui de l’autonomie des établissements scolaires ou du bac-3 , bac+ 3 qui pose le problème de l’échec dans les premières années universitaires de trop nombreux étudiants .
La préparation dès septembre prochain de la rentrée scolaire 2018 donnera plus encore que pour celle-ci des indications sur la méthode du nouveau ministre qui se veut  » inspiré par un esprit scientifique » pour « résoudre les problèmes à la racine ».
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