RETOURS D'USAGES

Ave Caesar, laetaturi te salutant !

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C’est l’objet d’un atelier que Pierre Estrate présentera sur l’Université d’été de Ludovia, le mercredi 29 août sur la thématique « mobilité et nomadisme« .

Issu d’une tradition très ancienne, répondant à l’idéal d’éducation tel que le concevaient les Anciens, l’apprentissage du latin n’est plus, depuis longtemps, la voie royale vers les métiers prestigieux.
Cependant, malgré les divers obstacles qui barrent son chemin, il est toujours là! Et même en quelque sorte libéré de son héritage pédagogique, en se prêtant à de nouvelles pistes d’expérimentation. La présence et le dynamisme des études latines sur la Toile par exemple n’est plus à démontrer.

Dans l’enseignement secondaire, le latin souffre d’une image dégradée : celle d’une discipline trop exigeante, élitiste, qui n’aurait pas d’utilité dans la société contemporaine. Dans ce contexte, en accord avec les nouveaux programmes, un groupe de douze élèves latinistes de 4ème a pu utiliser des tablettes tactiles durant six semaines, en janvier et février 2012.

Ces collégiens ont abordé le thème des Spectacles à Rome selon deux axes d’expérimentation, la culture et la langue, afin de tenter de répondre à cette question : qu’apporte l’usage de la tablette à l’apprentissage du latin, dans la perspective de susciter un certain plaisir d’apprendre ?

L’expérimentation a été conçue en tenant compte des paramètres suivants :

– Lieu : Collège La Bourgade de La Trinité (06340), 12 élèves de 4ème, nouveaux programmes ; le thème : les Spectacles à Rome.

– Collaboration du CRDP de Nice ; interlocuteur : Monsieur BANUS Olivier.

– 1ère séance mercredi 11 janvier, fin aux vacances d’hiver (25 février).

– Une expérimentation ciblée :
1. restreinte dans le temps : 5 semaines environ, soit une quinzaine d’heures/élève
2. pour l’essentiel de l’expérimentation, 5 tablettes ASUS Eee Pad, sous Androïd 3
3. une tablette pour 2/3 : cela favorise le travail par « modules », en complémentarité avec le PC. Nécessité de créer des progressions différenciées par groupes. Au sein des groupes, usage simultané de l’ordinateur        et de la tablette (comparaison possible). D’où contrainte liée à l’expérimentation : présence de tablettes et d’ordinateurs dans une même salle.
4. deux salles : la salle de classe, sans PC, et une petite salle informatique pour faciliter l’avancée du travail
5. deux phases : Les spectacles à Rome se déclinent en deux « pôles« , l’un culturel – création de contenu, l’autre orienté « langue« , plus « technique« , orienté vers la recherche d’outils.
6. les manuels numériques en latin : l’offre actuelle ne prenant pas en compte le potentiel tactile de ces outils, je ne les ai pas inclus dans l’expérimentation, qui s’attachait, en une poignée de semaines, à
la plus-value tactile et « ludique » de la tablette.

Les jeunes latinistes, une fois les grands moments de la mythologie, une fois les principaux attraits de la vie quotidienne antique vus en classe, se désintéressent de ce qu’il y a de plus intéressant encore : l’accès direct à la connaissance de la langue latine elle-même.

En effet, le déroulement du cours de latin aboutit fatalement à des moments « délicats » : l’étude de la langue et la traduction.  Le professeur déploie des trésors d’ingéniosité pour préparer ce moment, ou pour le retarder, dans la crainte de voir se rompre l’équilibre fragile qu’il a réussi à instaurer dans son groupe.

Les nouveaux programmes encouragent une pratique plus affranchie du poids de la tradition pédagogique en ce domaine. La maîtrise de la langue latine est avant tout l’un des sésames de notre propre langue.

Dans le cadre de l’expérimentation, j’ai donc cherché à voir comment MANIPULER LE LATIN au sens littéral, toucher les mots, les déplacer, voire les tirailler et les malmener. En notant la ressemblance d’un tel cours de latin avec le déroulement d’un TP de sciences, j’ai essayé de trouver ce qui pourrait, dans cette partie la plus délicate de l’enseignement du latin, relever d’une pratique concrète, artisanale, de trouver comment la tablette pourrait être une « petite fabrique du latin« , permettant à l’élève de ne pas décrocher, de traduire du latin « à façon« .

L’exposé de cette expérimentation s’attachera à la fois à décrire l’évolution du rapport des élèves au latin, et cerner la complémentarité de la tablette avec des outils TICE déjà disponibles, notamment le rôle-clef joué par l’Environnement Numérique de Travail. Il se proposera enfin de montrer des pistes de développement tirant parti de l’atout tactile de la tablette pour susciter chez les élèves un certain plaisir d’apprendre.

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