ACTION PUBLIQUE

Ordicollege 19 : présentation du rapport d’évaluation de l’Inspection générale

Tablettes

Les IGEN sont partis à la rencontre des différents personnels concernés par l’opération au travers d’entretiens ou réunions avec l’équipe de direction, la vie scolaire (Conseiller principal d’éducation et assistants d’éducation), les enseignants, les élèves et les parents d’élèves. Les membres de la mission ont aussi pu visiter les espaces dédiés (centres de documentation et d’information) et participer à des cours pour lesquels les ordinateurs sont utilisés par les enseignants.

Points positifs du rapport

La mission d’évaluation ne conclut pas à l’arrêt de l’opération, au contraire. Elle préconise de donner «un nouvel élan» à l’opération, «d’en resserrer les modalités de pilotage opérationnel et pédagogique, afin de construire un véritable partenariat entre la collectivité territoriale et l’institution scolaire, chacun œuvrant dans son domaine de compétences».

Le plan Ordicollège 19 «est très apprécié par la grande majorité des enseignants, des parents et des élèves»…, «l’objectif politique de réduction de la fracture numérique et de mise sur un pied d’égalité de tous les élèves des collèges, quels que soient leur milieu social et leur lieu d’habitation, est atteint», indique le rapport.

S’agissant des «usages pédagogiques aussi bien dans l’établissement qu’à l’extérieur», l’IGEN fait le constat d’un bilan «plus nuancé», sans s’en étonner, considérant «qu’il faut du temps pour que tous les enseignants intègrent dans leur pratique l’utilisation des nouvelles technologies et qu’ils soient accompagnés par des formations de proximité».

Points négatifs : problèmes techniques et choix de matériels

Des problèmes techniques liés aux matériels (cf. le fournisseur des premiers ordinateurs déployés n’a pas rempli ses obligations, notamment en ce qui concerne la livraison des pièces détachées pour les réparations), aux pannes et aux délais de remise à disposition, mais également liés aux installations au sein des collèges : connexions WIFI, continuité et stabilité des connexions des bandes passantes, gestion des réseaux, sont à déplorer.

A noter que les classes de 3ème et 4ème sont actuellement dotées d’ordinateurs portables (dotation faite à l’entrée des élèves en 5ème depuis 2008); les 6ème et 5ème sont eux, équipés de tablettes iPads (modèle 2 et 1 respectivement). Des pannes d’ordinateurs, pouvant aller jusqu’à plusieurs semaines ont été recensées ; dans ce cas, l’élève se trouve privé de son outil de travail à la maison mais aussi en classe.

Le rapport souligne la difficulté pour les enseignants d’intégrer l’utilisation d’outils différents (ordinateurs portables, tablettes) dans leurs enseignements et une tendance à se servir des postes fixes et des vidéoprojecteurs plutôt que d’un matériel mal connu (tablettes).

D’autre part, Il pointe un décalage entre dotation des élèves et dotation des enseignants ; quant aux chefs d’établissements (pourtant les premiers pédagogues de leurs collèges), il semblerait qu’ils aient été mis à l’écart de l’opération, bien que motivés par le plan et persuadés des progrès qu’il va permettre.

La formation à l’accompagnement et aux usages reste insuffisante : «Il faut du temps» pour que tous les enseignants intègrent dans leur pratique l’utilisation des nouvelles technologies et qu’ils soient accompagnés par des formateurs de proximité ; sans parler des formations supprimées par l’Education nationale par «manque de crédits».

Une réussite partielle, propos à nuancer

Malgré les points négatifs, il faut souligner que l’opération Ordicollège n’est réellement en activité que depuis 3 ans (la première année étant considéré comme une année blanche, si l’on considère les pannes à répétition) ; quant à l’usage des tablettes, il est tout récent (2010) sans compter que certains élèves rentrés en 6ème à la rentrée 2011, n’avaient pas encore reçu leur outil quand la mission a effectué son rapport.

Enfin, il ressort des différents constats que le pilotage pédagogique de l’opération n’ait pas été assuré. De même, la question des ressources pédagogiques et didactiques disponibles se pose,… et pas seulement pour la Corrèze ; cette problématique se retrouve dans toutes les opérations de dotations massives (Ordina13, Ordilib, Ordi35…).

Selon Pierre Mathieu, Directeur du CDDP de la Corrèze et «personne ressource» ayant suivi le plan depuis le début et ayant contribué activement à sa mise en place, il lui paraît important de préciser que, depuis cet état des lieux, les usages ont considérablement évolué. Voici son témoignage :

«Des permanences de proximité sont faites dans 6 collèges par semaine et permettent aux enseignants de passer sur des difficultés d’usages ou d’utilisabilité. Le CDDP est très sollicité cette année pour des formations de proximité demandées par les chefs d’établissement ; des groupes d’enseignants travaillent sur l’élaboration de ressources adaptées aux tablettes.

Une évaluation en cette fin d’année scolaire ferait apparaître un réel démarrage massif des usages des tablettes dans les établissements. Il reste à mettre en place un comité de pilotage effectif et opérationnel pour qu’en 2012-2013, la généralisation des usages soit confirmée par des coordinations (technique et pédagogique) structurées».

Plus d’infos :
Retrouvez l’intégralité du compte-rendu sur www.ordicollege.cg19.fr

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