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Entre raison et émotion, quel(s) plaisir(s) pour l’utilisateur d’une application mobile ?

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On remarque une présence plutôt expérimentale sur le marché des applications mobiles de quelques établissements français, universités et grandes écoles de management notamment. Le mouvement est donc mis en marche – de même que les moyens – mais beaucoup de questions se posent quant à la prise de risque liée non seulement aux dimensions techniques mais aussi, et surtout, liée aux contenus et aux usages. Cependant, les opportunités et les enjeux ne sont pas négligeables, car le media mobile s’inscrit dans une logique de proximité, voire d’une certaine intimité.

Dans ce contexte, peut-on aujourd’hui imaginer, dans l’enseignement supérieur, des besoins et des attentes similaires à celles présentes dans l’univers de la (grande) consommation ? Les étudiants souhaiteraient-ils une communication plus ciblée, des services personnalisés, une relation plus personnelle, porteuse d’avantages matériels, symboliques ou affectifs ? où encore du plaisir dans l’utilisation des ressources pédagogiques et administratives liées à leur formation, sur un mode à la fois ludique et nomade, mais efficace et fonctionnel ?

Le but de ce travail est d’explorer les mécanismes qui déclenchent une forme de plaisir dans l’interaction et l’utilisation des applications mobiles spécifiques à l’enseignement supérieur. Comment capturer, identifier, décrire et qualifier ce plaisir ? Quelles sont ses formes et représentation? Qu’est-ce qui, au fond, donne sens à ce sentiment, à cette émotion ? Est-ce le dispositif ? Est-ce le contexte ? Ou encore leur interaction?

Nous partons de l’hypothèse que la communication digitale, dans sa dimension conviviale, est avant tout interactive et engageante et fait donc émerger des formes d’attachement en fonction du plaisir ressenti. Elle implique par conséquent fortement les acteurs et peut ainsi donner plus de contenu et de sens aux discours et aux actes. Sans se substituer aux relations physiques, elle devrait y être complémentaire.

Pour explorer cette mise en forme et cette mise en signes du plaisir lié à l’utilisation d’une application mobile, nous avons choisi d’interroger les représentations et le discours développé par les candidats, lors des épreuves orales du concours d’admission en école supérieure de commerce. On anticipe une multiplication des « applications admissibles« , car plusieurs écoles prévoient de lancer ce type d’outil avant les épreuves écrites d’avril 2012.

Au-delà de l’intérêt pratique et fonctionnel affiché, une application mobile reste un canal de communication qui peut impacter sur la relation à construire entre un candidat et son école potentielle. Cette relation peut être qualifié comme forte et durable, car la taille et notamment la culture des écoles permettent la construction de véritables tribus, avec des rites et un imaginaire spécifique. Comment une application peut alors contribuer à se forger une image, à préfigurer une expérience et l’accompagner par la suite ? Et si plaisir il y a, qu’en est-il ?

Positionnement scientifique 
Section CNU: 71e (Sciences de l’information et de la communication)
Méthode appliquée et terrain d’expérimentation :
D’inspiration socio-sémiotique (Landowski, Semprini), notre approche vise à comprendre les logiques d’usage et notamment les représentations du plaisir, développées autour d’un dispositif de communication (mobile) en contexte de concours, donc ressenti comme important par les différents utilisateurs.

Une enquête par questionnaire sera menée auprès des candidats admissibles qui participent aux oraux. Elle sera complétée par des entretiens semi-directifs auprès d’un échantillon plus réduit. Deux profils de base sont visés : des candidats issus du concours Passerelle ESC 1, respectivement Passerelle ESC 2. Un troisième échantillon peut être constitué par des étudiants en première année d’école supérieure de commerce, chargés de l’accueil et de la prise en charge des candidats. Ce troisième profil pourrait confirmer et renforcer certaines représentations ou bien, au contraire, s’en écarter. Au-delà d’une première interprétation des résultats quantitatifs, pour étayer notre analyse qualitative, nous allons mobiliser des outils sémiotiques (Flosch, Veron, Fontanille).

Source : Mihaela BONESCU

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