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Plaisir et /ou apprentissage, le cas de l’étudiant-consommateur à Lesley University

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L’université et donc l’enseignement deviennent des produits et sont évalués en tant que telle (Hanson, Drumheller, Mallard, McKee, & Schlegel, 2011) (U.S. News and World Report Staff, 2012).  L’étudiant achète non-seulement des connaissances (transmis dans la salle de classe), mais aussi une future réputation (selon le classement de l’université, le diplôme valent plus sur le marche de l’emploi) et une vie sociale à part entière.

L’enseignement universitaire américain est donc soumis à une pression de compétitivité accrue.  Chaque établissement essaie par tous les moyens d’attirer et garder leurs étudiants idéaux.  Une des façons d’accomplir cette mission est de créer un environnement convivial dans la salle de classe. Le but de l’enseignement, traditionnellement compris comme la transmission d’une certaine base de connaissance, devient plus complexe.

Si l’université est un produit et les étudiants des consommateurs exigeants, l’enseignement doit être à la fois pertinent et amusant.

L’expérience doit donner du plaisir au consommateur. Un des moyens de produire ce sentiment est d’utiliser des outils dans la salle de classe qui procurent déjà du plaisir pour l’étudiant : les outils numériques.

Cette communication analyse l’usage d’outils numériques dans deux cours (La communication interculturelle et Social Media) enseignés à Lesley University, une petite structure à Cambridge, Massachusetts.  Les outils numériques utilisés dans chaque cours sont les suivants :

Communication interculturelle :
Plateforme blackboard, Blogue collectif , 4 sessions skype avec une classe en France; échanges de courriels avec des étudiants français
Social Media :
Plateforme blackboard ; chaque étudiant a : un blogue, un compte twitter

Le but de l’analyse est de comprendre si oui ou non la présence de ces outils aide à produire un environnement propice à la réceptivité de l’enseignement.

Notre analyse part du principe que l’introduction du numérique dans la salle de classe est un moyen d’attirer l’attention des étudiants.  Nous partons aussi avec l’hypothèse que l’usage de ces outils procure du plaisir aux étudiants (Liu & LaRose, 2008) (Manago, Taylor, & Greenfield, 2012).  De récentes études démontrent que l’usage de réseaux sociaux est associé de manière positive avec l’interaction sociale face à face, mais ont un effet négatif sur la réussite académique (Jacobson & Forste, 2011).  Nous basons notre point de départ sur deux observations :

• Les étudiants inscrits dans les deux cours sont tous nés au début des années 1990.  Le premier navigateur, Netscape, a été commercialisé en Novembre 1994 aux Etats-Unis.  De ce fait, ces étudiants n’ont jamais connu un monde sans connexion internet.  La simple présence de cet outil a influencé la manière dont ils comprennent le monde.

• Ces étudiants passent beaucoup de temps connectés sur internet.  Si certains d’entre eux sont conscients des points négatifs de cette connectivité, la plupart aiment être toujours en contact avec leur entourage.  Les réseaux sociaux en ligne leurs procurent du plaisir, leur donne un sentiment de ambient intimacy qui les rassurent (Evans, 2011).

Nous structurons notre analyse de la manière suivante :

• Une analyse des blogues étudiants et du blogue collectif dans le but d’évaluer l’assimilation de concepts soulevés en cours.
• Une analyse des tweets envoyer avec le hashstag du cours (#ccomm1888) dans le but d’évaluer si oui ou non cet outil aide les étudiants à se concentrer sur l’enseignement.
• Un sondage des étudiants évaluant l’efficience des outils numériques dans la production de connaissance et leur plaisir à les utiliser.

Cette étude cherche à mieux cerner le rapport entre le plaisir et l’efficience de l’apprentissage lorsque les outils numériques sont introduits dans la salle de classe.  Les résultats de l’analyse nous aideront à modifier la structure de nos cours—de les rendre plus amusants (ce qui répond aux besoins des consommateurs-étudiants) et de les rendre plus efficace au niveau de la transmission de connaissances (ce qui répond aux besoins classiques d’une université).

Source : Heidi Gautschi
Retrouvez la sur le colloque scientifique de l’Université d’été de Ludovia, du 27 au 30 août à Ax les Thermes (voir le programme ici)

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