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Les français et l’e-learning : un engouement sous conditions

La majorité des Français possède une bonne perception générale du e-learning.

Si les Français considèrent à 92% la formation en ligne comme digne d’intérêt, ce constat cache cependant de profondes nuances. La notion même d’e-learning reste assez peu claire pour une majorité de Français.

Un tiers des sondés n’est pas capable de définir ce que désigne un MOOC, un serious game ou les TICE (45% connaissent au moins un ou deux des termes, et 22% les trois).

L’e-learning est davantage maîtrisé et utilisé par des actifs disposant d’un certain niveau de revenus : 81% des salariés gagnant au moins 1 700 euros nets ont déjà utilisé l’e-learning, contre 60% pour les actifs percevant des revenus inférieurs.

La différence la plus marquée concerne la formation professionnelle : 41 % des salariés gagnant au moins 1 700 euros nets ont effectué une formation par e-learning, contre 24% pour les revenus inférieurs.

Les entreprises françaises en retard sur le grand public

 

18% des sondés déclarent l’e-learning comme une pratique courante sur le lieu de travail, mais 57% l’évoquent comme pas ou peu développée (la formation e-learning est toutefois en développement selon le quart des sondés).

Les réticences culturelles semblent puissantes, avec 32% des Français ne percevant pas l’intérêt de l’e-learning par rapport à la formation « classique », et 38% le considérant comme utile seulement aux métiers tournés vers le numérique.

Des chiffres qui confirment le manque d’entrain pour l’e-learning en milieu professionnel, un constat propre à la France, contrairement à l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne ou encore les pays scandinaves.

Le facteur humain, principal frein au développement du e-learning en France

 

Seulement 5% des Français déclarent ne pas voir d’inconvénients dans la pratique de l’e-learning, alors que 44% regrettent l’absence d’encadrement rapproché, et 36% l’absence de lien social avec les enseignants et les autres étudiants (la fracture numérique est peu importante, avec seulement 11% craignant de ne pas suffisamment maîtriser le numérique).

Au final, 60% des sondés considèrent l’e-learning comme un complément à la formation en présentiel. Cette tendance se retrouve avec l’e-learning dans l’enseignement scolaire : 52% des Français estiment l’e-learning comme en partie bénéfique pour les élèves, mais de façon limitée.

Si l’e-learning est d’une façon générale considéré par les Français comme digne d’intérêt et potentiellement utile, la crainte d’un manque de lien social demeure un puissant obstacle. Il s’agit là d’un aspect culturel propre à la France, en nette opposition par rapport à ses voisins, entre autres espagnols, britanniques ou allemands.

Dans le secteur de l’entreprise, l’e-learning se heurte également à un frein encore puissant, malgré une évolution des mentalités en cours. Au final, la mixité entre enseignement pédagogique en ligne et relations humaines apparait comme un compromis tout à fait profitable.

Les Français plébiscitent ainsi davantage le blended learning, qui associe e-learning et présentiel.

Méthodologie :
étude réalisée par Adocta pour Educadis auprès d’un échantillon de 500 personnes, représentatif de la population française métropolitaine, de 25 à 49 ans. La représentativité du panel suit la méthode des quotas (sexe, activité, revenus). Les réponses ont été recueillies par étude en ligne Blitz Survey du 05 au 06 décembre 2014.

 

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