ACTION PUBLIQUE

Nouveaux rythmes scolaires et le numérique … mariage heureux ?

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Pour introduire le thème de cette conférence, Jean-Pierre Archambault, Président de l’EPI (enseignement public informatique) retrace l’historique du numérique, anciennement « informatique ». Il dresse le constat que l’informatique est partout. Dans le monde, il y a plus de 30% de R & D qui sont consacrés à l’informatique (en Europe, 18 %).

En 2012, l’arrivée de l’option informatique pour les Bacs scientifiques et aujourd’hui, la volonté de développer le code sur les temps périscolaires font avancer le débat.

JP Archambault rappelle qu’au début du siècle dernier, les sciences physiques sont devenues une discipline scolaire car cela correspondait à des besoins dans la société.
N’est ce pas le cas aujourd’hui avec le numérique ? N’a t-on pas besoin de cette culture générale du « numérique » pour évoluer dans la société ?

« Ce qui est important c’est de fixer le cap », souligne t-il.

Dans les projets de réforme de l’éducation, le gouvernement a récemment annoncé une sensibilisation au codage qui devrait prendre effet dès la rentrée 2015 sur les temps périscolaires. Comment cela peut-il se concrétiser ?

Exemple d’un projet déjà en place dans les écoles de la ville d’Orléans : le code tout en s’amusant

L’association Périscola a été retenue pour initier les enfants du CE1 au CM2 à la programmation ; en situation, ils utilisent comme outils, des tablettes et un robot. L’enfant doit écrire sur tablette, les commandes qu’il veut voir réaliser par le robot. Il apprend en s’amusant la logique informatique, « qu’est ce qu’une boucle », « qu’est une condition, ”si, alors” ».

« L’enfant pratique le code sans s’en apercevoir, c’est du méta langage ; nous n’entrons dans aucune ligne de code », souligne Paul Farnet, Président de l’association Périscola.

Sur le terrain, il y a quatre animateurs de l’association qui interviennent chaque jour sur les temps périscolaires. A Orléans, chaque animateur intervient avec une classe différente, soit 1h30 de codage par enfant par semaine.
A terme, l’association envisage de créer des Fablabs pour que les enfants puissent créer des petits robots à l’aide de logiciels simples comme « Scratch » par exemple, pour « mettre un but dans l’informatique »

Des parents sceptiques au départ sur l’approche des activités de l’association Périscola

A la question sur la réaction des parents, Paul Farnet répond de manière honnête : « les enfants, de manière naturelle, expliquent à leurs parents qu’ils ont joué sur tablette avec un petit robot ; il est donc nécessaire d’expliquer aux parents qu’il y a vraiment un apprentissage derrière ce « jeu », même si l’activité reste ludique ».

Combien ça coûte ?

L’exemple de l’association Périscola donne un ordre d’idée du coût qui incombe à la commune pour entreprendre de telles activités.

A Orléans, il est de 24 euros par séance (pour 1h30) ; l’objectif est de faire intervenir les animateurs le plus souvent possible dans les écoles car ces denriers sont embauchés en CDI par l’association.

D’autres solutions existent ; tout dépend aussi de la motivation des élus pour entreprendre ce type d’activités.

Témoignage d’un élu sur une petite commune rurale de l’Oise : comment voit-on le numérique aujourd’hui ?

Sylvain le Chatton, Maire de Laincourt-Saint-Pierre (60), une commune de 600 habitants avec 97 enfants répartis en 4 classes de double niveau, s’occupe du numérique au sein de la communauté de communes (60 communes) et il est aussi chef d’entreprise dans le domaine numérique.

Pour lui, le B2i ne suffit pas et il reste persuadé qu’un apprentissage du code ou de la programmation pourrait être utile ; avec la réforme des rythmes scolaires, il a été confronté à devoir occuper un temps de 45 minutes par jour pour chaque enfant. Sur ce temps, il a décidé d’embaucher un jeune en « contrat d’avenir« (à titre d’information, le coût est de 3000 euros par an pour la commune sur un emploi de ce type pour une rémunération au niveau du SMIC) et de le mettre à disposition des professeurs des écoles en classe sur le temps hors périscolaire (et faire profiter des compétences « numériques » de l’animateur sur le temps scolaire).

Mais pour mettre en oeuvre cette mesure, il s’est heurté à la problématique de de faire entrer un intervenant extérieur dans les classes ; il a donc été nécessaire de former ce jeune au numérique, sa présence en classe pouvant être justifié et accepté dans la mesure où l’intervenant apporte « une spécificité ».

Aujourd’hui, sur les temps périscolaires, les enfants de sa commune, dès l’âge de 4 ans, s’initient au code avec le logiciel scratch sur tablettes, encadré par le nouvel animateur.

 

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