Auteur/autrice : Eric Fourcaud

  • Qui s’occupe des profs ?

    Le candidat François HOLLANDE s’engage à rétablir une formation professionnelle des enseignant(e)s digne de ce nom, avec la création d’Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education. Nous l’appelions de nos vœux. Nous applaudissons.

    Avenir Ecoles CFE-CGC, sensible à l’accueil réussi de toutes les diversités, approuve le retour à la scolarisation en Maternelle des enfants de moins de 3 ans dans les quartiers sensibles, mais s’interroge déjà sur celui des enfants en situation de handicap. Quid des AVS, si précieux(ses) pour les assister et pourtant si mal payé(e)s ?

    Avenir écoles CFE-CGC, observera avec intérêt le projet de révision des rythmes scolaires qui apparaît comme un serpent de mer depuis des années. Mais peut-il se résumer pour autant à un rallongement de l’année scolaire ?

    L’Ecole est servie… mais les Profs qui y travaillent ?

    Un grand malaise, une grande souffrance, flottent sur la profession : manque de reconnaissance, salaires dérisoires et indignes pour des Bac + 5, pas ou peu de perspectives d’évolution de carrière et plus grave encore, rien sur une véritable médecine du travail, rien sur la qualité de vie au travail. Or, selon une récente enquête du Ministère de l’Education, 46% des Professeur(e)s des écoles et 39% des Professeur(e)s du secondaire envisagent de changer de métier (Livre vert de la commission Pochard 2008). Sur ces problématiques, force est de constater que les recettes du candidat HOLLANDE auront bien du mal, et ce n’est pas un procès d’intention, à inverser la vapeur.

    Avenir Ecoles CFE-CGC, las, aurait aimé également entendre dans ce projet, une réelle place faite à la révolution numérique, pour qu’enfin, élèves et enseignant(e)s entrent dans le XXIème siècle et retrouvent une saveur à l’école.

    Avenir Ecoles CFE-CGC se tient de plus en plus à la disposition du candidat socialiste pour l’aider à compléter son offre à destination de ces femmes et de ces hommes, qui chaque matin, relèvent le défi de faire l’école.

  • Une invasion extra-terrestre pour booster son niveau d’anglais

    Une invasion extra-terrestre pour booster son niveau d’anglais

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    Jeu éducatif en ligne et gratuit destiné aux apprenants en anglais, à partir de 13 ans, Academy Island est disponible sur la page Facebook officielle de l’Université de Cambridge ESOL examination’s (Cambridge ESOL), qui compte déjà plus de 120.000 fans.

    Les joueurs d’Academy Island doivent progresser à travers différents niveaux de difficulté en aidant l’extra-terrestre à bien utiliser l’anglais pour se faire comprendre dans des situations de la vie quotidienne, comme faire des courses, visiter une galerie d’art ou une bibliothèque…

    «Avec Academy Island, nous sommes partis de l’idée que les jeux éducatifs en ligne peuvent être une bonne façon de familiariser les apprenants à la langue anglaise », explique Lorna Pedersen, Directrice du marketing numérique de Cambridge ESOL. Elle poursuit «Nous avons travaillé étroitement avec des experts afin de créer un environnement qui encourage les apprenants à améliorer leurs compétences linguistiques de façon progressive et ludique».

    Une équipe d’experts de Cambridge ESOL, spécialisés dans la conception de sujets d’examen, a testé puis validé les questions et les tâches proposées afin de s’assurer qu’elles correspondent au niveau d’anglais des joueurs- apprenants. Ces experts ont travaillé en étroite collaboration avec TAMBA – agence de marketing numérique primée et spécialisée dans les jeux en ligne. En se connectant au jeu par son profil Facebook, chaque joueur qui relève le défi d’Academy Island a la possibilité de publier son score sur le tableau d’honneur mis en place pour l’occasion.

    Kay Hammond, directeur général de Tamba, précise «Les jeux éducatifs sont trop souvent négligés, d’où notre vif intérêt pour le projet de Cambridge ESOL. Développer un jeu autour de la notion d’apprentissage est extrêmement motivant et génère un attachement particulier au projet, l’objectif étant d’amener le joueur à acquérir naturellement des connaissances, sans qu’il s’en rende compte, tout en développant l’interaction avec son environnement de jeu».

    Jouez dès maintenant à Academy Island sur http://www.facebook.com/CambridgeESOL

  • Construction et équipement des lycées : près de 71 M€ engagés en Aquitaine

    Construction et équipement des lycées : près de 71 M€ engagés en Aquitaine

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    Accessibilité, restructuration, maîtrise de l’énergie… : près de 68 M€ soit 65% des programmes annuels de maîtrise d’ouvrage dans les lycées sont lancés

    Depuis plus de 20 ans, les travaux de construction, rénovation et restructuration des lycées sont engagés par des programmes prévisionnels d’investissement, dits PPI. Ces programmes fixent les grandes orientations de l’action régionale pour l’aménagement des lycées et permettent d’anticiper les besoins en terme démographiques, éducatifs et économiques pour garantir aux jeunes Aquitains leur réussite scolaire, leur épanouissement personnel et leur insertion professionnelle.

    65% des programmes annuels dédiés aux lycées dans le cadre du PPI4 sont ici engagés. Au-delà des mesures de pérennisation du parc immobilier des lycées, la Région souhaite notamment poursuivre et amplifier les adaptations nécessitées par la lutte contre les discriminations afin de favoriser l’égalité des chances.

    Cet engagement massif dès la première commission permanente permet d’une part de répondre plus rapidement aux attentes de la communauté éducative, et d’autre part de s’inscrire dans la continuité du plan de relance économique mis en place par le Conseil régional d’Aquitaine face à la crise.

    Aussi, dans le cadre du programme annuel d’adaptation du patrimoine et dans la continuité des premières opérations lancées en 2011, l’accessibilité (pour tout type d’handicap) est au cœur des priorités. La mise en accessibilité de 29 lycées est par exemple prévue, avec une affectation de 13 M€ correspondant aux études et à une part des travaux nécessaires.

    Plusieurs opérations d’amélioration de la performance énergétique et de développement des énergies renouvelables dans divers lycées sont aussi prévues, à hauteur de 3,5 M€.

    La Région soutient aussi l’équipement des lycées : 1.543.900 € pour compléter ou renouveler du matériel non pédagogique

    930.800 € pour poursuivre l’équipement des laboratoires dans le cadre de la réforme des baccalauréats STI2D

    Dans le cadre de la réforme des baccalauréats Sciences Techniques et Industrielles Développement Durable, la Région Aquitaine s’est montrée réactive en accompagnant la création et l’équipement de laboratoires dans 26 lycées dès la rentrée scolaire 2011.

    Et le numérique dans tout ça ?

    260.000 € pour poursuivre la modernisation du réseau informatique, notamment en vue du déploiement des solutions d’ENT

    Dans le cadre de la mise en place du Lycée Numérique et afin de préparer les établissements à l’arrivée de l’Environnement Numérique de Travail (ENT), des travaux de restructuration des réseaux informatiques sont engagés.
    Car pour exploiter pleinement ces infrastructures, il est nécessaire d’adapter les équipements actifs des réseaux des lycées. L’acquisition de nouveaux matériels et accessoires est indispensable à un fonctionnement performant du réseau.

  • Langues vivantes : nouveau prétexte pour saper le statut des enseignants

    – D’une part, il annonce, sans plus de précisions dans sa mise en œuvre, la «globalisation» des horaires de langue au collège.
    La souplesse de cette approche servirait, sans débourser un euro, à assurer l’enseignement d’une deuxième langue vivante en sixième. Pour autant, les élèves ne bénéficieront pas de plus d’heures de langue au collège.

    C’est donc une mesure structurelle d’affichage qui est proposée…ignorant la complexité générée pour les emplois du temps et les rythmes scolaires des collégiens.

    – D’autre part, le ministre profite de cette occasion pour annoncer une possible annualisation du temps de travail des enseignants de langues, ballon d’essai pour une généralisation à terme. Habile détour pour remettre en avant cette vieille lune qui consiste à pointer le statut des enseignants comme responsable des maux de notre système éducatif.

    Pour le SE-Unsa, il est temps de sortir de la caricature et d’une vision idéologique du métier d’enseignant. L’atout majeur d’un statut est sa définition claire des missions et des obligations de services. En cela, il est protecteur des salariés.

    Pour autant, le métier d’enseignant est en mutation. Si sa définition doit être améliorée, cela ne peut relever ni du diktat, ni de la propagande électorale, mais d’une véritable politique contractuelle.

  • iPasserelle, une passerelle numérique pour les clés de la réussite

    P : Pédagogie
    A : Apprentissage
    S : Savoirs
    S : Services
    E : Education
    R : Ressources
    E : Educatives
    L :  en ligne
    L : Laboratoire
    E : Edition

    iPasserelle est une association qui regroupe les acteurs de l’éducation sur l’intégration des TICE, du numérique autour de différents axes, réunis dans les contextes de la scolarisation de tous les élèves au primaire.
    –        la recherche
    –        la formation
    –        les apprentissages
    –        les services d’accompagnement
    –        l’édition et les ressources numériques

    L’accès de chaque enfant à l’éducation constitue un droit personnel incontestable et une valeur fondamentale des sociétés.  Cela se manifeste à partir de différentes interprétations et diverses  expressions : «l’École pour tous», «l’inclusion scolaire», «des élèves à besoins spécifiques».  Aujourd’hui son encadrement suit le processus de l’intégration scolaire et la personnalisation de l’éducation.

    La naissance de l’iPasserelle s’inscrit dans ce contexte, avec la volonté de créer un environnement de scolarisation ordinaire capable de gérer l’hétérogénité, de différencier, de prendre en charge et d’accompagner les élèves en difficulté.  Les TICE peuvent nous y aider.

    Notre article vise à faire comprendre les buts de iPasserelle et montre :

    •    Comment faciliter le processus de l’inclusion scolaire de chaque élève quelque soit son fonctionnement social et cognitif ;
    •    Comment la personnalisation de l’enseignement peut favoriser des apprentissages vers la réussite ;
    •    Comment l’intégration des ressources éducatives numériques ou objets d’apprentissage permet la création d’environnements favorisant la réussite des professionnels et aussi celle de chaque élève avec le développement de parcours adaptés ; Les ressources libres OER peuvent nous aider.
    •    Comment la co-intervention ou le suivi des élèves peuvent être facilités par la mise en place  d’espaces numériques  ou mondes virtuels remodelant les dimensions «espace-temps» des apprentissages, apportant de nouvelles dimensions aux apprentissages. L’accompagnement des enseignants est recherché.

    En démontrant l’’importance de la formation des enseignants  et la place des TICE pour apprendre, iPasserelle propose la création d’espaces virtuels intégrant le Web Social et le tutorat à distance pour accompagner les acteurs.  Ipasserelle définit le nouveau concept pour une Ecole 2.0 de demain visant la réussite et les progrès.

    Des objectifs prioritaires

    Pour créer des conditions d’amélioration et de réussite à la scolarisation des élèves à besoins spécifiques et aider les élèves en difficulté, le système éducatif  nous révèle d’importants besoins. iPasserelle s’engage autour de ces différents objectifs :
    •    Développer la formation continue et permanente des enseignants mais aussi des accompagnateurs en intégrant les TICE pour la prise en charge de la difficulté scolaire, en  classe, après la classe.
    •    Mettre en place  la recherche sur le terrain, mener des expérimentations visant l’apport des TICE,  l’évaluation de  différents dispositifs dans le cadre de son laboratoire.
    •    Proposer des ressources numériques adaptées à potentiel cognitif, des outils interactifs, des ebooks, favorisant la mise en place de parcours adaptés.
    •    Développer  une éducation et culture numérique pour apprendre et se former
    •    Proposer des événements, des synthèses autour de l’e-éducation., travailler en partenariat avec  les collectivités

    Les projets de iPasserelle

    a) Formation :

    Prise en charge des élèves présentant des difficultés
    ➢    développer les compétences des enseignants dans le domaine des processus d’apprentissage et la prise en compte des difficultés scolaires selon les axes de la typologie de l’OCDE et de la typologie des fonctionnements scolaires ;
    ➢    établir un référentiel de compétences pour les enseignants (portfolio) autour de la prise en charge de la difficulté scolaire  ;
    ➢    développer les compétences des auxiliaires de vie et des familles pour accopmpagner.

    Formation TICE
    ➢    former les enseignants et les acteurs sur OER ( Open educational ressources), la place des outils numériques pour les apprentissages et la formation , les potentialités des outils  interactifs comme les tablettes
    ➢    développer et animer une communauté d’utilisateurs d’outils TICE au service des apprentissages en visant les différentes modalités d’apprentissage avec le numérique, en prenant  en compte des intelligences multiples et les TICE.

    b) Ressources – Edition

    La création des ressources pour des différents publics :
    ➢    enseignants et professionnels encadrés dans la vie scolaire et hors scolaire ;
    ➢    parents et proches ;
    ➢    enfants de 3 au 10 ans.

    Enseignants, professionnels, parents : 
    ➢    Créer des manuels, guides, outils didactiques pour des enseignants ;
    ➢    Créer avec des enseignants des ouvrages pour des professionnels et des familles ;
    ➢    Adapter les outils d’évaluation pour une version d’application numérique.
    ➢    Etablir une veille pour les sujets traités par iPasserelle: pédagogie du numérique, e-learning, établir une analyse comparative entre les pays …
    ➢    Imaginer l’école numérique de demain et proposer des services en ligne.

    Enfants : 
    ➢    Créer une base de ressources pour le primaire avec des outils, des contenus numériques ;
    ➢    Créer des contenus , pour l’usage de TBI, Tablettes, crayons numériques ;
    ➢    Développer des eBooks pour le primaire ( Français, mathématiques …) ;
    ➢    Proposer des projets

    c) Recherche sur terrain

    iPasserelle, soit initier des recherches permanentes sur terrain en observant et en évaluant la réussite des enseignants, en envisagent des expérimentations pour le développement de leurs compétences d’évaluer, d’intervenir et de suivre les enfants en difficulté.
    Mettre en place une expérimentation pour la place des tablettes et des outils interactifs pour les apprentissages.

    d)  Evenements avec les partenaires (collectivités)

    •    Proposer des projets partenariaux ( accompagnement scolaire, lutte contre l’illettrisme, …)
    •    Sensibiliser , organiser des  événements autour de la E-formation

    Conclusion

    Avec iPasssrelle, nous avons la volonté de réunir des  expériences et développer les compétences des enseignants pour qu’ils soient des scénaristes des apprentissages de tous les élèves avec les outils de demain.

    iPasselle est une passerelle du numérique pour les  clés de la réussite de chacun.

    Dans l’article suivant, nous montrons la place importante de la personnalisation, et ses enjeux pour l’éducation. Les enseignants y sont confrontés régulièrement dans la vie quotidienne en cherchant des solutions qui garantissent la vie cognitive, émotionnelle et sociale de chaque élève et de toute la classe. Les parents doivent être associés. Le numérique peut être une des clés.

    Site en cours de développement : http://ipasserelle.edublogs.org/

    Auteurs :
    Michèle Drechsler, Docteure en sciences de l’information et de la communication, IEN
    Anéliya Garbacheva, Docteure en psychologie du développement et de l’éducation, MCU de pédagogie spécialisée

  • une nouvelle approche des sciences et de leur enseignement avec le nouveau NAO

    une nouvelle approche des sciences et de leur enseignement avec le nouveau NAO

    Nao Robot«L’arrivée de cette nouvelle génération de robots NAO est significative pour notre entreprise. Nous sommes fiers de pouvoir proposer toujours plus à nos clients, quel que soit leur secteur. La maturité du NAO Next Gen va nous permettre de le mettre au service de l’aide aux enfants autistes et aux personnes en perte d’autonomie. J’ai créé Aldebaran Robotics, en 2005, dans ce but : contribuer au bien-être de l’humanité», déclare Bruno Maisonnier, Président Fondateur d’Aldebaran Robotics, leader mondial de la robotique humanoïde.

    Fruit de 6 années de recherche et d’échanges avec sa communauté de chercheurs et d’utilisateurs, NAO Next Gen offre des capacités d’interactions accrues, grâce à plus de puissance de calcul, plus de stabilité, plus de précision, et élargit ainsi le spectre des thèmes de recherche, d’enseignement et d’applications auprès de populations spécifiques.

    Parmi les nouveautés, les plus notables sont l’apparition d’un nouvel ordinateur embarqué, basé sur le puissant processeur Intel Atom, cadencé à 1,6 Ghz, adapté aux calculs multi-tâches et la présence de deux caméras HD couplées à un FPGA permettant la réception de deux flux vidéos simultanés et d’accroitre de manière significative la vitesse et les performances de la reconnaissance de visage ou d’objet, même en cas de basse luminosité.

    Parallèlement aux innovations matérielles, Nao Next Gen est doté d’un nouveau programme de reconnaissance vocale, Nuance, plus rapide et plus fiable, couplé à une toute nouvelle fonctionnalité de word spotting, permettant d’isoler et de reconnaitre un mot au sein d’une phrase ou d’une conversation.

    «En plus de cette nouvelle version du hardware, nous allons livrer de nouvelles fonctionnalités logiciellestelles qu’un contrôle intelligent du couple moteur, un système d’anticollision de ses membres avec le corps, un algorithme amélioré de marche… Nous avons capitalisé sur notre expérience et les retours de nos clients pour livrer la plateforme la plus adaptée et la plus performante.

    En matière d’applications et en particulier pour l’enseignement secondaire, nous portons nos efforts vers les contenus pédagogiques tandis que dans le domaine de l’amélioration du bien-être de la personne, nous travaillons au développement d’applications spécialisées. Et nous poursuivons bien évidemment notre chemin vers un NAO à destination des particuliers, au travers du Developer Program, communauté de programmeurs qui inventent aujourd’hui, avec nous, ce que sera la robotique personnelle, demain», conclut Bruno Maisonnier.

    Plus d’infos : www.aldebaran-robotics.com   

  • Le numérique, un outil de construction et de collaboration

    «Apprendre et redécouvrir, c’est renoncer à ce qu’on savait avant» ; c’est aussi par cette définition que se traduit le numérique. Notre auteur a bien conscience que ce n’est pas chose facile pour un enseignant d’entrer dans le «moule» du numérique. Mais s’il fait l’effort de le faire, il sera vite récompensé par ce que peuvent lui offrir ces outils.

    Le numérique, un environnement rassurant

    L’environnement numérique que Serge Tisseron veut nous faire partager est sécurisant, rassurant. Pourquoi ?

    Il tient à souligner que la plupart du temps, les outils numériques sont vus comme négatifs alors qu’ils peuvent apporter toutes formes d’aide.  «Avec le numérique, chacun peut se construire sa feuille de route».

    L’aide se concrétise pour l’enseignant dans le fait qu’il va pouvoir, grâce au numérique, mesurer les compétences d’un élève à un moment donné grâce à un logiciel par exemple, l’ordinateur va pouvoir faire un graphique pour visualiser cette évolution, mais aussi valoriser l’utilisation de stratégies différentes par élève et enfin se référer à des banques de données.

    Penser plus «collectif» avec le numérique

    Aujourd’hui, l’enseignement valorise l’écrit, ce que notre interlocuteur approuve ; cependant, il préconise de passer d’une culture de l’écrit individuel à une culture de l’écrit collectif, «il est important pour un élève qui apprend de pouvoir voir combien de banque de données il a utilisé, comment il a diversifié ses sources d’approvisionnement».

    Un apprentissage plus libre

    Une fois la feuille de route définie, le numérique permet à l’élève d’organiser son parcours comme il l’entend et favorise donc la prise d’initiative : «c’est beaucoup plus motivant de pouvoir décider du moment où on va faire une chose ou une autre que de se le voir imposé». Dans cette voie, nous comprenons comment se traduit le plaisir de l’élève à utiliser les outils numériques.

    Le cadre indispensable de l’enseignant

    Dans ce «nouveau monde», l’enseignant a un rôle important à jouer, c’est de ramener les élèves à la «real life», c’est à dire les aider à organiser leurs recherches, les motiver, les encourager… Et comme les mondes numériques sont très vite gratifiants, Serge Tisseron y voit aussi un intérêt pour les élèves plus timides ou plus en difficulté. Ils peuvent, en utilisant le numérique, se sentir beaucoup plus valorisés.

    Le numérique est un monde qui offre de multiples possibilités aux élèves pour se construire un environnement rassurant d’apprentissage à choix multiples et dans lequel il vogue en toute liberté… et aux enseignants, un moyen de laisser libre cours aux initiatives tout en offrant des pistes, sans pour autant se retrouver «dépassé par les évènements».

    Se décomplexer du numérique
    Pour Serge Tisseron, les adultes et donc les enseignants doivent se «décomplexer» lorsqu’il s’agit de numérique. Les raisons souvent évoquées telles que «nous ne sommes pas des digital natives» sont sans fondement.

    Il est vrai que le numérique est très chronophage. Ceux qui ont du temps pour l’appréhender doivent pouvoir le partager avec les autres. Dans ce sens, Serge Tisseron ajoute que l’enseignant qui rencontre un problème à utiliser un outil numérique ne devrait pas avoir de complexe à demander de l’aide à ses élèves. «Avec les technologies numériques on est tous dans le même bain, on apprend tous par essai-erreur».

    Coloniser les usages : un bon moyen de rentrer dans l’ère numérique
    Un outil commun et utilisé par tous : le téléphone portable. Il voit dans les smartphones un moyen facile d’apprentissage et qui remet toute la communauté éducative au même niveau «technologique». Par cet exemple, il avance l’idée qu’il faut «coloniser les usages», «s’approprier dans l’enseignement les outils que les jeunes ont sur eux».

    En guise de conclusion, l’avenir des nouvelles technologies, vu par Serge Tisseron, n’est pas dans les équipements lourds  mais bien dans l’apprentissage des usages de ce type d’outils, qui font partie aujourd’hui du quotidien… et que les enseignants pourraient facilement apprivoiser pour parler le même langage que les jeunes.

  • L’ordinateur, outil d’apprentissage et de réussite pour les étudiants

    L’ordinateur, outil d’apprentissage et de réussite pour les étudiants

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    Publiés dans la revue Review of Educational Research, les résultats obtenus par les chercheurs de l’Université Concordia donnent à penser que la technologie est à la fois source de contenu et facteur de réussite pour les étudiants.

    Dans le prolongement de la thèse de doctorat de Rana Tamim, auteure principale, cette recherche a colligé les données concernant 60 000 élèves ou étudiants du primaire, du secondaire et de l’enseignement supérieur. Elle a comparé leur réussite dans les cours qui faisaient appel à la technologie informatique et dans ceux qui y avaient peu ou pas recours.

    Lorsque les ordinateurs servaient de support à l’enseignement, la technologie a eu un impact positif de léger à modéré tant sur l’apprentissage que sur l’attitude.

    «Nous en déduisons que cette incidence serait plus marquée si l’on pouvait l’observer du début à la fin de la scolarité des sujets», explique le professeur Richard Schmid, l’un des coauteurs de l’étude, directeur du Département des sciences de l’éducation et membre du Centre d’études sur l’apprentissage et la performance de Concordia.

    Les chercheurs ont découvert que la technologie donne de meilleurs résultats lorsque les étudiants sont encouragés à exercer leur jugement critique et leurs aptitudes à communiquer. «Une présentation PowerPoint classique n’améliore pas sensiblement l’expérience d’apprentissage, si ce n’est par son apport au contenu ou par sa capacité de dynamisation des cours magistraux et des discussions en classe», poursuit-il.

    L’équipe prévoit désormais repérer les technologies qui donnent les meilleurs résultats par discipline. «La technologie éducative n’apporte pas une intervention homogène; elle fournit plutôt un ensemble d’outils et de stratégies d’apprentissage», précise le professeur Schmid, ajoutant que les professeurs disposent de peu de ressources pour se tenir au courant des technologies récentes et de leurs potentialités.

    «Les enseignants du Québec connaissent mal le rôle de la technologie dans l’apprentissage, indique-t-il, et le problème s’aggrave du fait que les enfants deviennent de plus en plus ferrés en informatique. L’un des mandats du Centre d’études sur l’apprentissage et la performance de Concordia est justement d’aider les éducateurs et de leur fournir les outils pour faciliter l’intégration des technologies dans leurs enseignements».

    Partenaires de recherche :
    Cette étude a bénéficié de l’appui du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et du Fonds québécois de la recherche – Société et culture. Les autres coauteurs sont Robert M. Bernard, Eugene Borokhovski et Philip C. Abrami de l’Université Concordia.

    Plus d’infos sur l’Université Concordia : www.concordia.ca

  • L’enseignant, un guide pour introduire le numérique à l’école

    Il part du constat que l’être humain a toujours inventé de nouvelles choses qui lui ont permis de se développer physiquement ou intellectuellement.  «Avec les technologies numériques, ce n’est plus seulement une capacité de notre personne qui est augmentée, mais toutes nos capacités de penser».

    Autrement dit, elles permettraient de faire les choses plus rapidement et mieux. Mais attention, autant l’esprit est capable du meilleur, comme du pire. L’école devrait donc intervenir comme le guide d’apprentissage de ces nouvelles technologies.

    «Les institutions éducatives ont aujourd’hui une responsabilité importante, c’est de montrer aux jeunes comment utiliser le numérique de la meilleure manière afin d’éviter le basculement dans des usages problématiques».

    Aider les jeunes à utiliser les technologies numériques, cela signifie également leur apprendre à formuler leur parcours. Bien souvent, la remarque est faite que les jeunes manient très bien ces outils mais sont incapables d’expliquer ce qu’ils font.
    Serge Tisseron prend l’exemple d’un enfant qui installe un logiciel pour ses parents ; lorsque ces derniers lui demandent d’expliquer la procédure, il répond que ça ne sert à rien puisqu’ils ne comprendront pas. En fait, «le jeune est incapable d’expliquer car il s’est contenté de tâtonner».

    Outre le risque social qui plane sur l’installation du numérique à l’école (entre les enfants équipés à la maison et d’autres qui ne le sont pas), le réel danger que redoute Serge Tisseron est de voir s’établir un clivage entre les jeunes qui ont du recul par rapport à leur utilisation et d’autres qui n’en ont pas.

    Le système scolaire doit jouer un rôle important pour éviter cette fracture ; dès l’introduction des technologies numériques à l’école, devrait être mis en place une forme de tutorat. L’enseignant pourrait naturellement demander à un élève un éclaircissement sur telle ou telle technologie aussi bien qu’un élève pourrait l’expliquer à un autre élève.

    «L’introduction des technologies numériques à l’école, ce n’est pas seulement faire les mêmes choses autrement, c’est une manière de repenser tout l’enseignement».

    Aujourd’hui, Serge Tisseron fait le constat d’une mauvaise approche du numérique à l’école.

    «La plupart du temps, l’enseignant utilise les technologies numériques pour contrôler les élèves, leurs performances,(…) donc le numérique est introduit par le contrôle (…) Or, un adolescent n’a qu’une envie, c’est d’y échapper».

    L’enseignant devrait être un guide dans cette découverte ; et pour que cela fonctionne, il faut laisser de l’autonomie à l’élève. L’enseignant peut tout à fait donner un objectif à la classe et laisser chacun prendre son propre chemin pour y parvenir, tout en créant ses propres contacts. C’est une des clés de Serge Tisseron pour réussir à faire accepter le numérique scolaire aux jeunes.

    Ensuite, c’est à l’enseignant de vérifier les étapes que l’élève a franchi pour atteindre le résultat, d’où l’idée développée précédemment de savoir formuler son parcours.

    «La nouveauté des technologies numériques est que l’enseignant n’est plus celui qui fixe les objectifs et qui vérifie que le même parcours a bien été suivi par tout le monde ; mais c’est celui qui fixe les objectifs et qui s’intéresse à la manière dont chaque élève va pouvoir obtenir le résultat en suivant un parcours personnel».

    L’intérêt des technologies numériques est qu’elles permettent de garder une trace du parcours personnel de chaque élève, laissant la possibilité à celui-ci de le consulter à tout moment et de le confronter à ceux de ses camarades. L’enseignant pourra ressortir de ces travaux les avantages et les inconvénients de chaque stratégie.

    Le numérique permet donc un échange entre tous les membres de la classe. 

    Nous sommes loin du modèle frontal élève-enseignant qui prédomine aujourd’hui. Serge Tisseron voit dans le numérique un bon moyen de changer ce modèle.