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Université d’été de Ludovia : 10 ans « d’ateliers chiants » et de foire du moyen âge ?

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Il est vrai que Ludovia a démarré en 2004 dans la cité médiévale de Saint-Lizier en plein coeur du payse du Couserans ; depuis, elle a quitté ce village pour s’installer durablement à Ax-les-Thermes, un autre village d’Ariège et des Pyrénées, où sports de glisse, montagne et thermalisme font bon ménage.

La plupart des travaux de l’Université d’été sont pratiquement depuis sa création, compilés sur les sites web des différentes éditions (www.ludovia.org, /2014 / 2013 / 2012 ,..). Ainsi, bilans et synthèses « officielles » réalisées par les blogueurs et organisateurs de Ludovia sont disponibles en ligne …

Dans ce billet, nous avons voulu faire une « synthèse » en reprenant les mots de certains participants qui ont vécu l’expérience « Ludovia« , certains venus pour la première fois, d’autres un peu plus aguerris qui revenaient avec un esprit plus critique …

Pour cette 11ème édition « Anniversaire« , les qualificatifs de Foires, de Souks ont été évoqués, certains blogueurs ont même parlé de Ludovia comme le «Woodstock du numérique et de l’éducation». Au delà des efforts de structuration de l’événement qui se prépare pendant plus de 6 mois, le « OFF » de Ludovia devient en effet de plus en plus présent et productif : les participants investissent la ville, et qui n’aperçoit pas un groupe d’enseignants installés sur une terrasse de café, sur un banc, allongés dans le parc en train de discuter éducation, numérique, encore et encore…

…Une ambiance participative qui a inspiré Michel Guillou enseignant-blogueur  dans un billet «Je reviens d’Ax-les-Thermes, où se déroulait la 11e édition  de Ludovia, avec des étoiles plein les mirettes… Je croyais avoir tout vu, compte tenu de mon grand âge, après tous les colloques, universités d’été — j’ai fait Hourtin, moi, vous savez ! — et autres raouts consacrés à l’informatique, au multimédia, aux Tice puis au numérique éducatif auxquels j’avais assisté depuis vingt ans au bas mot…»

Un évènement à multiples facettes qui nourrit la réflexion de chacun

Bruno Devauchelle qui était de la partie cette année et qui animait la conférence inaugurale le décrit assez bien dans un article  sur le CaféPédagogique et compare même Ludovia aux grandes foires du Moyen Âge, parce que «la forme de Ludovia est assez proche par certains aspects de ce que furent jadis ces moments importants de la vie sociale, culturelle, économique, technique et intellectuelle. C’est bien ce qui caractérise les quatre (et non trois) évènements qui sont rassemblés sous le même toit (oui presque) trois jours durant : le colloque scientifique, qui apporte la thématique générale; l’université d’été qui ouvre cette thématique aux personnes intéressées et qui s’appuie sur les acteurs impliqués; les évènement associés ou périphériques (selon les années) comme le séminaire des collectivités territoriales ; un espace d’échange exposition dans lequel des « vendeurs » viennent à la rencontre des participants. Chaque évènement à ses propres logiques, fonctionnements et sous-évènements – comme les barcamps, explorcamps et autres ateliers ».

Une passerelle entre l’éducation nationale et les collectivités

Cette année c’était la 7ème édition du séminaire collectivités territoriales « Etablissement du XXIème siècle et Numérique« , un évènement qui se plaçait en pleine conjoncture et contexte de réforme assez difficile pour les collectivités, qui sont cependant venues pour partager leur expériences. Faire échanger les collectivités entre elles, tisser des passerelles de compréhension entre enseignants et directions en charge de l’éducation…une affaire qui ne semble parfois pas si simple..comme le décrit  Jean-Paul Moiraud enseignant et blogueur

« Cette année à l’Université de Ludovia, j’avais choisi de suivre les débats des ateliers collectivités locales. Peut-être une façon de renouer avec ma formation de juriste de droit public, plus probablement l’envie de me frotter aux réalités de l’éducation versus institution, certainement pour mettre en acte le principe de la nécessaire collaboration. Vue de la sphère enseignante, le jugement a été radical et démoralisant : « Tu as choisi l’atelier le plus chiant ».…Et pourtant j’aime à penser les superstructures de mon métier car elles font émerger les conflits et les tensions car on y instille la dimension politique et tous les tabous dont on ose parler ouvertement. Sous les tentes totémiques de Ludovia ont été abordés les tabous de la formation ».

Nous aurions pu ajouter d’autres commentaires, d’autres remarques aussi pertinentes et révélatrices de ce que nous pensons de cette Université d’été, de la manière dont elle est construire et de la façon qu’elle puisse rester encore et encore un évènement qui puisse inspirer et faire évoluer l’éducation «Les foires du Moyen âge avaient une régularité proche de celle de Ludovia, souhaitons-lui la même longévité et le même écho dans la société» (Bruno Devauchelle)

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